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Jpop
Trash
L'ultime interview
Derrière
le nom Jpop Trash se cache
un site qui a fait couler beaucoup d'encre du côté de la
jmusic. JaME s'est donc penché sur son sujet et vous livre
ici une petite interview. Bonne lecture !
Pouvez-vous présenter ce qu'est Jpop Trash pour ceux qui
ne connaissent pas encore le site ?
Jpop Trash : La plus grande escroquerie de toute la Jpop
et l’un des sites les plus malhonnêtes qui
soit au monde.
Comment se fait-il que YesAsia(un site de VPC) fasse sa
publicité sur votre site, c'est assez paradoxal !
Jpop Trash : Ça le serait si nous avions écrit que nous
n’aimions pas l’argent. Ce n’est pas le cas. Nous ne
faisons pas partie de ces « rebelles » qui crachent sur la
société de consommation alors qu’ils ont le dernier
iPod à 500€ dans la poche. Jpop Trash est devenu une pompe
à clic depuis sa réinstallation sur le serveur de
Nihon-fr. Nous profitons d’un référencement royal qui nous
amène toujours plus de visiteurs du monde entier, bien que
le site soit tout en français. Nous doublons notre audimat
tous les six mois en moyenne. Il était vraiment dommage de
ne pas coupler cela à un partenariat financier avec
Yesasia. Nous gagnons de l’argent en nous foutant de la
gueule du monde. On a même pas honte en plus.
Qui a contacté l'autre ?
Jpop Trash : Nous les avons contactés. Du moment que ça
leur fait de la publicité, ils se moquent du site. Vous
savez, ils vont même jusqu’à accepter des partenariats
avec des trackers BitTorrent de Jpop alors…
Qui sont en réalité les Trasheurs, les auteurs du site ?
Jpop Trash : Une seule personne, qu’il est inutile de
citer, a fait son coming out sur ce site, les deux autres
n’y tiennent pas. Deux contre un, la majorité a parlé, ça
restera donc secret. Consultez les archives publiques du
gouvernement dans 50 ans pour découvrir leurs noms….
Y a-t-il des filles dans l'équipe, sinon pourquoi ?
Jpop Trash : Oui, une fille est à la base du site, elle
s’occupe du layout de la page d’accueil quand elle en a le
temps. Elle a d’ailleurs du mal à réaliser qu’elle est à
l’origine d’un site Jpop devenu culte.
Vous déclarez être des fans de Jpop de longue date mais
vous moquez-vous des artistes que vous aimez ou uniquement
de ceux que vous détestez ?
Jpop Trash : Des deux. Nos propres chouchous ne sont pas
exempts de tout reproche, loin de là… Mais nous en sommes
parfaitement conscients. Nous n’avons pas d’œillères.
Dans quelle catégorie de fans vous classez-vous ?
Jpop Trash : Fans réveillés. Nous avons fait notre
auto-critique depuis longtemps.
Avez-vous été otaku à une période de votre vie ?
Jpop Trash : Bien sûr ! Comme tout le monde. Nous aussi
nous avons eu des posters plein les murs, couru après des
mangas, des goodies ridicules, des Cd en édition limitée,
des DVD etc. Ceux qui prétendent le contraire sont des
menteurs ou tout simplement des envieux parce qu’ils n’en
ont pas. Etre fan de Jpop et autres japoniaiseries, c’est
avant tout entrer dans un monde de surconsommation
excessive et de collectionnite aiguë, à l’image même du
Japon finalement. Nous nous sommes largement calmés depuis
; nous avons vieilli et notre argent est réservé à des
choses plus prioritaires.
Quels artistes sont vos cibles favorites ?
Jpop Trash : Ceux qui traînent les fans les plus débiles,
comme par exemple Gackt, Ayumi Hamasaki, X Japan ou Mana.
Nous ne disons pas que tous les fans de ces artistes sont
des cons, mais les plus cons y sont par contre. On a le
public qu’on mérite dans la vie de toute façon.
Quelles sont vos limites à la moquerie ?
Jpop Trash : Les trucs à problème, comme la religion et
les machins raciaux. Même au second degrés, c’est la porte
ouverte aux emmerdements sérieux. Nous préférons rester
dans l’humour école primaire. Jpop Trash est un site de
potaches avant tout. On ne s’est jamais pris au sérieux.
Nous ne donnons aucune leçon également, nous ne sommes pas
Charlie Hebdo. Nous exposons notre vision d’un monde que
nous connaissons bien et c’est tout. Il n’y a pas marqué :
« Nous avons raison et vous devez penser comme ça ! » On
nous accuse souvent d’être homophobes, ce que nous ne
sommes absolument pas pourtant. Le plus amusant est que
ces accusations ne sont lancées que par des hétéros,
surtout des fans de yaoi de 14/15 ans qui, eux, n’ont
jamais rencontré d’homos de toute leur courte vie. Des
références donc… Tous les mails reçus de la part de gays
revendiqués nous ont assurés que Jpop Trash n’était
absolument pas homophobe, ça nous suffit.
La plupart de vos détracteurs vous accusent d'être
moches, sans vie
sociale, frustrés, etc... Qu'avez-vous à leur répondre ?
Jpop Trash : Qu’ils prennent leur propre cas pour une
généralité. Les trois webmasters de Jpop Trash ont une
vie, des amis, un travail, des projets d’avenir et un(e)
petit(e) ami(e) mais ça, ils ne le croiront jamais. On ne
va pas passer notre précieux temps à essayer de les
convaincre du contraire comme eux le font en nous écrivant
pour nous prouver a+b qu’ils ne sont pas comme nous les
avons décrits dans nos portraits de fans parce qu’ils se
sont immédiatement reconnus dedans… On a autre chose à
faire. Alors qu’ils croient ce qu’ils veulent, on en a
rien à foutre.
Vous ne publiez parmi les courriers que ceux qui vous
insultent. Vous ne recevez que ce genre-là ou est-ce
celui-là qui vous fait le plus plaisir ?
Jpop Trash : Nous recevons bien plus de courrier de
félicitations que d’insultes. Ça fait plaisir certes, mais
ce n’est pas très excitant. Les afficher serait une vraie
branlette, un peu comme le courrier d’Animeland… On
s’amuse beaucoup plus avec nos boulets qui nous conchient
dans leur langage SMS parce que nous avons « osé »
blasphémer le nom de leur idole. Leurs pauvres mails,
exposés dans le courrier
de cons de notre site, sont à chaque fois
de véritables séances de rigolades pour nous et activement
recherchés par notre clientèle.
Que pensez-vous des sites dans le même style que Jpop
Trash ?
Jpop Trash : C’est pas fameux mais ça constitue une
alternative à Jpop Trash pour les fanatiques bon public
qui veulent rire un peu de leurs idoles mais pas trop… Ils
sont d’accord pour lire que Kyo de Dir En Grey est une
fausse blonde mais pas qu’il se griffe le torse sur scène
parce qu’il a de l’urticaire…
La musique japonaise se fait de plus en plus connaître en
France, que cela vous inspire-t-il ?
Jpop Trash : Rien, c’est juste une histoire de mode à
toute petite échelle. En cherchant bien, on devrait
trouver en France les mêmes communautés avec la musique
yougoslave, turque ou indienne. Nous rions très fort
lorsque nous lisons les blogs ou mails de goth-poufs
braillant que le rock visuel débarque et envahi la
France... Lors du concert de Dir En Grey à l’Olympia en
2005, la moitié des fans français de rock visuel
était présente. L’autre moitié est restée chez elle. Ça
monte à même pas 5000 petites têtes tout ça. Même chose
avec la Jpop tendance « idoles ». C’est pas demain la
veille que l’on verra Gazette dans le Hit Machine ou les
Morning Musume chez Drucker…
Les fans d'aujourd'hui sont-ils les mêmes que les
pionniers ?
Jpop Trash : Non, ceux de maintenant sont avant tout des
larves passives. Les « pionniers » comme vous dîtes, ceux
qui étaient là il y a de cela 10/15 ans, étaient actifs
parce qu’ils n’avaient pas le choix. Il n’y avait rien,
tout était à bâtir. Le Net n’existait pas, il fallait se
bouger le cul pour trouver son bonheur et ce n’était pas
simple. Il fallait avoir de généreux contacts au Japon
pour obtenir des news qui dataient de 6 mois sur K7 audio,
quelques coupures de magazines et, quand on avait vraiment
de la chance, une K7 vidéo. Et même lorsque le Net a
débarqué, c’était pas encore le pied. 20mn pour toper un
mp3 en 56K, et des factures de téléphone qui explosaient.
Désormais, il suffit d’allumer son ordinateur et de
laisser pomper à plusieurs dizaines de mo/s pour obtenir
les tous derniers DVD ou albums en date pour moins de 25€
par mois, facture bien souvent payée par papa/maman. Les
gosses de maintenant ne savent pas la chance qu’ils ont.
Mais tout cela a tué la passion et l’envie, on vient à la
Jpop juste pour télécharger des trucs qu’on écoute ou
regarde tout juste. On entasse passivement et on compte
sur les autres pour trouver ce qu’on cherche. Beaucoup de
ces mêmes « pionniers » ont largué l’affaire, ils ont
vieilli, et également compris que cette communauté ingrate
ne valait pas le coup qu’on se casse le cul pour elle. Il
y a également une énorme inculture musicale crasse chez
les newbies par rapport aux anciens. Quand on les voit
écrire que le rock visuel est un produit 100% original ou
que Hikki est la reine du r’nb, on réalise les dommages
qu’a provoqué Skyrock chez eux. Et nous ne parlerons même
pas de leur utilisation écrite de la langue française,
nous risquerions de devenir méchants…
Quel genre de fans trouvez-vous le plus pathétique ?
Jpop Trash : Nous avons une prédilection pour les petites
bourgeoises de 15 ans fans de rock visuel depuis trois
semaines, mouillant comme des éponges devant des travelos
grotesques, écrivant en SMS sur leur Skyblog et devenant
hystériques quand elles lisent un commentaire de travers
dessus. Elles seraient nées plus tôt, elles auraient été
de grandes fans des 2be3. Le rock visuel n’est qu’un
vivier à boys bands pour ces truies en chaleur. La musique
leur est totalement secondaire. Comme elles doivent en
chier dans la vie… A Jpop Trash, nous espérons beaucoup de
la grippe aviaire.
Si vous deviez faire un top 5 mondial des fans les plus
ridicules selon vous, quel serait-il ?
Jpop Trash : Aucun pays n’a le monopole du fanatisme.
Est-ce que vous profitez du fait de balancer des
critiques envers des fans et artistes pour que l'on oublie
que vous êtes vous-mêmes fans au vu des recherches que
vous faites pour vos différentes sections ?
Jpop Trash : Non, la faq de notre site explique
bien que nous sommes nous-mêmes des fans de Jpop et que
nous baignons dedans depuis très longtemps. Seuls des fans
calés sur le sujet pouvaient monter un site comme
celui-ci. On ne tient pas sur moins de cinq artistes comme
la majorité des fans français de Jpop.
Pourquoi avoir lancé un tel site ?
Jpop Trash : C’est marqué dans notre faq…
Aviez-vous honte déjà il y a quelques années des fans de
jmusic ?
Jpop Trash : Il y a toujours eu des cas sociaux, même
lorsque les fans se comptaient sur les doigts d’une main
de lépreux à Paris.
Est-ce que le site est un moyen pour vous de vous dégager
de vos hypothétiques complexes comme entre autre d'écouter
de la musique japonaise un peu kitch ?
Jpop Trash : Nous avons toujours assumé notre mauvais
goût au grand jour lorsque nous reprenons nos « identités
secrètes ». Les trois webmasters de Jpop Trash ont chacun
leur site de Jpop. Nous n’écoutons rien en cachette.
Pensez-vous continuer encore longtemps où pensez-vous en
avoir fait bientôt le tour ?
Jpop Trash : Nous devons malheureusement reconnaître que
Jpop Trash s’est embourgeoisé, il fait de plus en plus
rire alors qu’il fût crée pour faire pleurer. La première
année, en 2003, fut la meilleure, avec des
menaces de mort et autres hurlements en chaîne sur les
mailing list visuelles. C’était dantesque. Le succès
massif du site aidant, beaucoup ont retourné leur jupe
plissée depuis. On se souvient de fans qui nous ont
envoyés des mails de haine pure et simple en 2003, nous
souhaitant le pire des cancers « pour venger Hide », et
qui, désormais, nous encensent sur leur blog. Cela montre
également le côté « girouette » de certains ; il suffit
que le vent tourne pour qu’ils changent d’avis. Nous avons
encore pas mal d’idées pour le site mais le problème vient
du manque de temps pour les mettre en chantier et de la
flemme. Jpop Trash continuera jusqu’à ce qu’il ne nous
rapporte plus du tout d’argent. Ensuite, nous le
laisserons probablement en ligne car le fanatisme est
intemporel.
Pourquoi pas un Fpoptrash ?
Jpop Trash : Parce qu’on a une vie en dehors du Net. Et
puis on s’en fout de la pop française. On n’est même pas
sûr que ça existe d’ailleurs… Si c’est pour dire que Lorie
se fringue comme si elle faisait le ménage ou que Bénabar
est le fils spirituel de Joe Dassin, ce n’est pas très
passionnant. Et puis tout le monde les descend déjà bien
assez comme ça toute l’année. Jpop Trash parle d’artistes
quasiment inconnus par chez nous, c’est mieux. Vous avez
des idées de sites ? N’attendez pas après les autres et
faîtes-les vous-mêmes !
D'où est née l'idée de trasher la Jpop ? Y a-t-il eu un
déclic, un évènement qui a provoqué votre décision,
quelque chose d'anecdotique sur la création de Jpop Trash
?
Jpop Trash : Non aucun, il n’y a qu’à regarder, par
exemple, un concert d’Ayumi Hamasaki pour comprendre à
quel point la Jpop est ridicule et de mauvais goût. Par
chance, il n’y a pas que ça, mais force est de reconnaître
que ce qui marche le mieux sont très souvent les trucs les
plus merdeux. Jpop Trash ne fait que montrer tout cela, en
forçant le trait, et encore… Nous sommes parfois très loin
de la réalité, aussi bien avec les artistes que les fans.
Quel est votre point de vue sur l'arrivée des concerts de
"visual" en France ?
Jpop Trash : Nous y voyons là uniquement un bon moyen
pour certains de se remplir les poches facilement et de
gonfler l‘ego et le CV de petits étudiants en commerce. Il
n’y a aucune volonté ni passion de faire découvrir un truc
nouveau là-dedans, c’est juste de l’opportunisme. Les
machins asiatiques sont à la mode en ce moment, ils
exploitent simplement le filon, c’est tout et ils ont bien
raison. Les fanatiques sont prêts à se ruiner pour leurs
idoles. Quand on sait que certains ont payé 200€ pièce
pour racheter des cartons d’emballages vides griffés « Moi
Dix Mois » lors du Japan Expo 2004, on se dit que c’est
presque un devoir que de plumer de pareils pigeons !
Comment mesurez-vous les impacts de cet évènement :
changement de goûts des fans, nouveaux types de fans
?
Jpop Trash : Ces événement nous font penser à des
réunions Tupperware. Ce sont essentiellement des occasions
pour les fans de prendre l’air et de parler à des
personnes « pour de vrai »... Ça les change de MSN. Le
dernier concert en date à l’heure actuelle fut Kokia, une
artiste de talent. Mais à la lecture des résumés des fans
présents, la seule chose que l’on retient, ce sont des
gens qui ont essayé de se reconnaître dans la salle… « Ah,
moi j’étais au 4e rang tu m’as vu ? Ah ben nan, moi
j’étais tout au fond de la salle ! Ah ben vous avez eu de
la chance, moi je suis resté coincé dans les chiottes
durant tout le concert… » Avant, ils attendaient tous
Japan Expo, parce que c’était leur seule sortie de
l’année. Désormais il y aura deux ou trois concerts en
plus pour qu’ils puissent se faire des amis…
Quelle est votre vision de la communauté Jmusic par
rapport au média Internet : avez-vous ressenti des
changements, des innovations?
Jpop Trash : Il est évident que sans Internet, on ne
serait pas là. Mais à cause de ça, la musique est devenue
jetable. On télécharge, on écoute, on jette. Enfin, on ne
regrette absolument pas l’époque épique du ravitaillement
par les corbeaux dont nous vous parlions plus haut.
Est-ce pour vous une bonne chose que la communauté soit
si enracinée aux moyens de communication virtuels?
Jpop Trash : Lorsqu’on est moche, nul, vide, obèse, seul,
sans conversation, fanatique, avec des problèmes
psychologiques ou/et familiaux, mieux vaut se planquer
derrière un écran. Le Net est la chance des fans-autistes
pour faire croire qu’ils sont normaux.
Merci à Jpop Trash d'avoir répondu à nos questions.
JaMe French Team -
23/03/2006
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